Dans l’histoire des Dominicains du Rwanda, leus installation à Kacyiru représente une troisième étape après Butare et Nyamirambo-Biryogo.

Cette étape constitue un tournant important. A cette époque, la réouverture du recrutement venait de produire ses effets bénéfiques en atteignant le chiffre d’une dizaine de frères aux études à Kinshasa. La question de leur créer des possibilités d’accueil au Rwanda se posait avec évidence. D’autre part, la maison de Biryogo, au milieu d’une population musulmane et sans espace vital autour de la maison, ne permettait aucune possibilité d’accueil d’une grande communauté ni d’apostolat proprement dominicain. C’est dans ce contexte, en 1986, qu’expirait le mandat du frère Guy Musy comme vicaire provincial. A ce moment-là, les frères allogènes pensaient que le temps était venu de passer la relève aux indigènes. Un choix prudentiel conduisit à désigner le frère Yvon Pomerleau. Ce choix devait faciliter la création d’un ailleurs meilleur pour abriter le noviciat et une communauté devenue plus nombreuse. Il fallait aussi trouver un site socialement bien situé pour permettre aux frères d’exercer leurs ministères d’une manière plus lisible et plus féconde. Le frère Yvon, non seulement accepta d’être vicaire provincial, mais aussi de tout faire pour convaincre les autorités provinciales de l’urgence d’une nouvelle maison. Son courage eut gain de cause. L’Archevêché de Kigali accepta de donner aux Dominicains le terrain sur lequel est situé notre maison actuelle, à titre locatif mais pour une durée indéterminée. C’est ainsi que l’on construisit cette maison d’habitation avec une chapelle ouverte à la communauté chrétienne locale et un centre culturel. Malheureusement, il ne fut pas possible de prévoir qu’une maison de douze chambres pouvait devenir étroite dans un avenir relativement court si tout allait pour le mieux. Inaugurée en 1990, sous le nom de Fraternité Saint Dominique, la maison a été érigée en Couvent en 2005. De cette date jusqu’à 1994, la communauté de Kacyiru a évolué d’une manière normale. Ses tâches prioritaires étaient l’encadrement du noviciat ouvert aux autres entités dominicaines africaines, le service liturgique dans sa chapelle ouverte au milieu environnant, le centre culturel Saint-Dominique ouvert au grand public, des enseignements dans divers instituts et divers services sociaux.